L'almanachronique du 21 octobre

Publié le par blancafort

Hellus les blogos ! In vino veritatas la blogose !

Cette chronique ne cesse de se préoccuper des grandes valeurs, de l'homme en général, et de la diminution souhaitée du degré d'alcool dans le pinard ! Merde ! C'est vrai quoi ! 13°, 14°, c'est pas humain ! Et puis, j'vous dis pas la gueule des cuites ! Elles sont sévères ! Du Tchernobyl dans le suçoir à savates ! Une torgnole au palais qui vous ramone la...
Ploum Ploum !
Les grandes valeurs, qu'elles soient inébranlables ou pas, vertueuses mon cul, honnissent toute possibilité de préférer à une blanquette de veau, un jus d'huître moléculaire sur couille séchée d'ornithorynque bio. Et c'est là le moindre. L'homme, c'est plus laborieux. Il est sans cesse changeant, multiple, protéiforme, le cerner est chose ardue, et quand il prend l'aspect d'une femme, on est souvent décontenancé de plonger le regard dans son décolleté déferlant plutôt que d'apprécier à sa juste valeur l'exaltante faconde de son jugement ultime après la vaisselle du dimanche. C'est peu dire.
Aujourd'hui, à l'occasion des 50 ans d'Astérix, parlons de l'esprit gaulois.
Le danger dans ce genre d'intention est très souvent de plonger allègrement dans un nationalisme larvé et rampant, voire dans un patriotisme de basse couche. Que nenni ! Ce que ne traduit nullement Astérix, plus écologiste que patriotard d'ailleurs. Il est question ici, à travers ce sujet, de réveiller les consciences.
Parlons donc de l'esprit gaulois.
Que nous disent Astérix et Obélix sur cet esprit singulier ?
D'abord, le refus radical de toute autorité, de tout pouvoir despote et l'opposition infaillible aux injonctions hégémoniques subies qui iraient à l'encontre d'un épicurisme tranquille, loin d'une morale raisonnée. A coup de baffes, si cela est nécessaire. Un nabot énervé aurait peu de chance de débuter le banquet final. Si vous voyez ce que je veux dire.
Ensuite, c'est une question d'ouverture d'esprit. De la découverte des autres, même s'ils sont fous, du respect de la différence et d'en extraire la substantifique moelle hédoniste.
Mais fi des considérations respectables ! L'esprit gaulois c'est avant tout boire, bouffer, baiser ! Et distribuer quelques torgnoles à des cons, si le temps le permet. Pour ne citer que les plus cons d'entre eux : Frédéricus Lefebvrus, Bricus Hortefix, Elius Cohenus, Bernadus-Henrius Lévyx, Jacquanus Séguélus et Calix, le chanteur à pendre. D'ailleurs, en parlant de chanteur, l'esprit gaulois, qui aime l'art et le chant, a une propension nette à la pendaison des chantres à châtrer. Benjaminus Biolius, Calogerus, Renanus Lucus et Olivianus Ruizus, pour ne citer que les plus sinistres d'entre eux. Bien que châtrer Olivianus Ruizus, c'est une formidable gageure. Mais comme l'on dit : " Impossible n'est pas gaulois ! "
C'est d'ailleurs ce qui caractérise l'esprit gaulois. Rien n'y est impossible ! Pas celui de réussir, ni d'accéder à un quelconque succès ou pouvoir ! Non ! Celui de la possibilité de jouir sans entrave ! ( Salut Rabelais mon Raoul !) Celui de s'opposer aux gens du refus, ces gardiens du manque à vivre ! Celui de balayer toutes les scories qui encombrent l'existence, celui qui refuse la castration des désirs par l'insinuation du seul modèle économique !
Voilà l'esprit gaulois.
Et ce n'est pas Raoul Vaneigem* qui me dira le contraire !
Un belge !
C'est vous dire l'esprit d'ouverture du gaulois !

* A lire d'urgence : Le livre des plaisirs
 

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