L'almanachronique du 9 décembre

Publié le par blancafort

Hello les blogos ! Quand te reverrai-je merveilleuse blogose ? 

Pour paraphraser l'un des chapitres de Pierre Desproges dans son Manuel du savoir-vivre, les gens pauvres ne connaissent pas leur bonheur. C'est une vérité absolue. Trop souvent, ceux-ci, par manque de discernement ou par naïveté, se plaignent d'une situation dont ils ne perçoivent pas l'avantageuse aubaine. Mais peut-on reprocher aux pauvres, qui sont souvent élémentaires, de ne pas concevoir concrètement une réalité dissemblable à leur condition ? Car ce qu'ils distinguent avant tout n'est pas tant le côté salutaire de cette situation, pourtant bénéfique : la liberté, l'insouciance, l'indocilité et l'indolence; ils ne voient malheureusement que l'indigence et la médiocrité de cette misère dans laquelle ils s'étiolent. Pauvres d'eux !
Prenez par exemple la montagne. La montagne en hiver. C'est de saison. Depuis la nuit des temps, la neige séduit, la montagne captive. Ses sommets éternels, ses froidures silencieuses, ses changements capricieux. L'éternité légère et la force irrationnelle. La montagne.
Or ce qui captive les pauvres, en cette montagne si belle et chère à Ferrat, c'est le côté sportif de celle-ci. Les sports d'hiver ! Les fameux sports d'hiver, ski, luge, et désormais le snowboard et autres freestyle, freeride et kitesnow. On en perdrait son latin ! Pauvres de vous mes chers pauvres ! La montagne est certes belle, et les sports qu'on y pratique sont certes séduisants, mais sachez la regarder aux fond des yeux. Aujourd'hui, telle qu'elle est !

Vous ne pouvez décemment désirer, et pire envier, ce monde imbécile peuplé d'hystériques génisses habillées comme des chipolatas, de cacochymes cons-gelés, et d'adolescents neuneux aux prénoms de chiottes et vêtus chez Fosseptic-Export ! Regardez-les tous ces abrutis fluorescents qui, sans doute pour ne pas perdre la main au prochain Mc Do, font la queue pendant des heures en se gelant les couilles, tout en chantant la dernière comédie musicale à la mode, tendance Mozart-qu'on-assassine, et qui commentent intensément la qualité d'une neige qui n'est plus que l'ombre d'elle-même. Garantie 100% Iodure d'argent ! Quant à l'architecture des stations, elle frise la myopathie du bon goût du Troisième Reich d'antan ! N'est pas Bauhaus qui veut ! Sans compter, et dans le désordre de l'ignominie, les fondues savoyardes de chez Picard-Aqueux, les vins chauds rances à des prix dilatés, les remontées mécaniques sacrément salées, les culs compressés des dindes revêches et les moules-burnées de Bordeaux. Sus mes preux ! Mort aux Bordelais ! ( Je dis ça comme ça ! Je n'ai rien contre les Bordelais, mais je les trouve laids ! )
Non, les pauvres, vous n'avez pas le droit à cette convoitise ! Sachez garder votre place ! 
Un jour, vous verrez, le ridicule tuera.
Le pouvoir sera alors à portée de main.
Que fera-t-on ?
Mais du ski bien entendu !

Publié dans Chroniques

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